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Revue de presse

Défense et illustrations des migrations

Stéphane Baillargeon | Le Devoir

 

 

« La semaine précédant le jour de l’entrevue avec l’essayiste étasunienne Sonia Shah, un rapport révélait que les mouvements migratoires avaient bondi de 22 % en 2021 vers les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont fait partie le Canada. Le total annuel des entrées de migrants frise maintenant les cinq millions. Et sept émigrés sur dix trouvent rapidement du travail : ils changent d’ailleurs le plus souvent de pays pour cette raison précise.

En même temps, Le Devoir parlait d’une famille de réfugiés colombiens devenus entrepreneurs granbyens. Radio-Canada racontait que le fameux chemin Roxham sert aussi à faire passer des migrants dans le sens inverse, du Canada aux États-Unis. Et les déclarations mensongères de l’ex-ministre Jean Boulet en campagne électorale sur les immigrants au Québec ne parlant pas français et ne travaillant pas continuaient de faire des vagues.

On en passe, et des très parlantes encore. Un Montréalais sur trois n’est pas né au Canada.

Le florilège suffit à rappeler que l’essai Migrations (traduit par Écosociété) de Sonia Shah tombe parfaitement à pic. L’ouvrage traverse au pas de charge l’histoire socioculturelle et l’histoire naturelle pour éclairer de manière magistrale le rôle fondamental des déplacements qui ont façonné le monde, qui vont le transformer encore et encore dans notre siècle de grandes sidérations, où s’entremêlent les effets de la mondialisation, des changements climatiques, des guerres. La guerre en Ukraine a déjà créé des millions de réfugiés. À elle seule, l’Allemagne en a reçu près d’un million entre février et août cette année.

La journaliste Sonia Shah produit patiemment de grandes synthèses bien informées autour de sujets difficiles permettant de prendre du recul et d’éclairer la grande marche du monde. Son dernier livre, Pandémie, traduit par le même éditeur québécois, était à la fois prémonitoire et effrayant, ceci expliquant d’ailleurs cela.

“Je terminais le livre sur les pandémies en 2015 quand s’est présentée l’occasion de me rendre en Grèce, sur l’île de Lesbos, pour écrire sur la crise des migrants qui y arrivaient en masse, explique-t-elle en entrevue au Devoir. Je devais écrire sur les effets sanitaires de ce mouvement de population. Je me souviens avoir demandé à des travailleurs de la santé ce que cette crise migratoire allait poser comme risque pour les résidents de l’île et pour les migrants eux-mêmes. Un d’entre eux a répondu qu’il n’y avait pas de crise migratoire. Ça m’a secouée.”  [...] » 

 

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