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Revue de presse

« Ce qui nous lie », un petit livre aux grandes idées 

Gérard Bouchard | Le Devoir

 

 

« L’auteur est historien, sociologue, écrivain, enseignant à l’Université du Québec à Chicoutimi dans les programmes d’histoire, de sociologie, d’anthropologie, de science politique et de coopération internationale et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les imaginaires collectifs.

Depuis longtemps, des militants tentent de relancer l’argumentaire de la souveraineté. On trouvera dans Ce qui nous lie (Écosociété) des propositions en ce sens formulées par des membres de Québec solidaire.

Il y a du neuf et du moins neuf, du bon et du très bon, comme du moins bon. On connaît les grandes orientations du parti ; ce qui s’ajoute ici, ce sont des réflexions et des précisions sur les voies à suivre. Je m’arrête d’abord sur les grandes lignes du livre pour ensuite les commenter brièvement.

 

Les idées principales

L’argumentaire repose sur l’idée d’un État binational formé des « peuples du Québec », à savoir les Autochtones et les « Québécois » — ce terme devenant impropre pour désigner notre nation (j’y reviendrai). L’ouvrage souligne que ces partenaires partagent une condition de colonisés, une volonté de souveraineté, le souci du climat et de la biodiversité, un rapport intense au territoire. On affirme : « Nous sommes […] appelés à vivre ensemble et à dessiner collectivement ce vivre-ensemble » (N. Kanapé Fontaine). Les Néo-Québécois constitueraient, semble-t-il, un troisième partenaire (M. Massé).

Décolonisation, souveraineté, climat, territoire, telles sont les composantes du projet, entre lesquelles l’ouvrage montre les interactions. L’allégeance souverainiste est clairement affirmée, ce qui rassurera ceux et celles qui pouvaient en douter.

On rejette le nationalisme identitaire : une « accumulation de frustrations », une « régression historique », un « nationalisme rabougri » (G. Nadeau-Dubois). On propose plutôt de s’appuyer sur nos forces de développement collectif inspirées par la social-démocratie et la justice sociale. On veut sortir d’un modèle favorisant la pauvreté et l’inégalité, « l’exclusion des gens sur la base de leurs différences » (M. Massé). On trouvera aussi un chapitre (R. Ghazal) qui offre une réflexion éclairée et généreuse sur le français.

Les auteurs dénoncent la concentration des mécanismes de décision au détriment des régions. Ils veulent « rapprocher le pouvoir du territoire », dans l’esprit d’une démocratie participative (inspirée des Autochtones). Un autre objectif est de créer une grande plateforme à partir de laquelle seront définis le chemin vers la souveraineté et le type de société à construire. Une « assemblée citoyenne » rédigera une Constitution définissant le nouveau pays.

L’ouvrage formule d’une façon très pédagogique une critique du régime fédéral : inégalité, répartition inéquitable des pouvoirs, politiques néfastes aux intérêts du Québec, déficit démocratique, structure colonisatrice, complicités néolibérales, paradis fiscal… [...] »

 

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