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Revue de presse

« Je dis aux écolos mainstream d’arrêter d’être snobs »

Alexis Ross | Pivot

 

 

« Dans un récent livre, l’environnementaliste Hugo Séguin espère une alliance entre les groupes écolos institutionnels et les mouvements qui portent des idées radicales – devenues incontournables.

"Là où le mouvement écolo en est actuellement, ce n’est pas suffisant. C’est bien beau ce qu’on fait, nous autres les écolos mainstream, mais ça ne marche pas, notre affaire. Il faut aller plus loin", lance Hugo Séguin en entrevue.

C’est le constat qu’il partage dans son récent livre, Lettre aux écolos impatients et à ceux qui trouvent qu’ils exagèrent, publié chez Écosociété. Ce jugement sévère, il le fait au terme d’un long parcours. Hugo Séguin œuvre depuis plus de 20 ans dans le milieu environnemental. Il est notamment passé par Équiterre, Greenpeace et le Réseau Action Climat, travaillant souvent de près avec les décideurs politiques. Il est aujourd’hui conseiller dans une firme de stratégies et de relations publiques qui collabore avec plusieurs organisations écolos.

Durant les dernières décennies, les idées poussées par les grands groupes environnementalistes ont permis de faire toutes sortes de "gains importants en termes de politiques publiques", mais elles n’ont pas suffi à renverser la tendance générale des crises écologiques, s’inquiète-t-il.

Les écolos réformateurs, dont lui-même, ont contribué à répandre l’idée selon laquelle on pouvait défendre l’environnement en misant sur les forces du marché et en continuant de poursuivre la croissance économique, regrette Hugo Séguin dans son livre. Dans ce cadre, les ajustements technologiques ont été vus comme des solutions faciles pour contrôler la pollution et la destruction des écosystèmes, expose l’auteur.

Toutes ces idées sont aujourd’hui reprises par les États et les entreprises, mais ce nouveau "sens commun" environnemental n’est pas à la hauteur de la menace, se désole Hugo Séguin. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) continuent d’augmenter, tandis que la biodiversité s’effondre à un rythme alarmant, constate-t-il.

L’approbation du grand projet d’exploitation pétrolière Bay du Nord par le gouvernement Trudeau la semaine dernière est l’illustration la plus récente de notre "échec collectif" devant l’urgence climatique, pointe Hugo Séguin.

"Bay du Nord, c’est l’échec de l’écosystème environnementaliste canadien. Le milieu n’a pas su se mobiliser à temps ni déployer suffisamment de force", analyse-t-il "Et ça, dans un contexte politique et économique qui n’était pas prêt, lui non plus, à cette radicalité" : dire non aux nouveaux projets d’hydrocarbures une bonne fois pour toutes.

S’ouvrir aux idées radicales

Selon Hugo Séguin, pour vraiment changer la donne et éviter le pire, les environnementalistes, les décideurs et la population n’ont plus trop le choix.

"Je dis aux écolos mainstream d’arrêter d’être snobs. Et au fond c’est une critique envers moi-même. Nous autres qui étions en contact avec les gouvernements, pour ne pas perdre notre crédibilité et continuer d’être invités dans les cocktails, on ne leur balançait pas les idées moins “présentables” pour qu’ils nous rient dans la face. Donc on a développé un certain snobisme" par rapport aux "idées qui nous donneraient l’air de pestiférés dans les cocktails", raconte l’environnementaliste.

Mais "à un moment donné, il va falloir dire : “j’assume, je vais être un pestiféré et vous écoeurer avec toutes ces idées”. C’est un changement de posture."

"Notre job comme mouvement environnemental, maintenant, c’est de faire rentrer un gros paquet d’idées qui sont considérées comme radicales par des gens plus conservateurs. D’aider à leur diffusion, de préparer la société à les accepter. Parce que pour le moment, on n’y arrive pas." [...] »

 

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Lettre aux écolos impatients et à ceux qui trouvent qu'ils exagèrent

Hugo Séguin

Lettre aux écolos impatients et à ceux qui trouvent qu'ils exagèrent

Collection Polémos

Fiche du livre

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