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Revue de presse

L’humain nouveau?

Jacques Lanctôt | Le Journal de Montréal

 

« Vous avez déjà rêvé d’être immortel et que la mort ne soit qu’une option parmi d’autres ? Ou d’un médicament qui chasserait la douleur de la séparation amoureuse ? Ou qu’on puisse accroître votre intelligence ? Ou encore d’une pilule pour "neutraliser chimiquement nos tendances les plus agressives dans le but de pacifier les relations humaines" ?  

Non, ce n’est pas de la science-fiction, on y travaille activement au sein du mouvement transhumaniste, qui regroupe déjà "une diversité d’acteurs, notamment des ingénieurs, des philosophes, des bioéthiciens, des entrepreneurs, ou plus largement des membres de la société civile" . 

On prétend ainsi améliorer le sort de l’humanité, nos performances physiques, intellectuelles et émotionnelles. Ce serait sans limites et ce mouvement semble désormais imparable, tant il gagne en popularité avec des projets qui semblent de moins en moins utopistes et irréels. 

S’il faut se fier au philosophe français Luc Ferry, "les innovations aussi radicales qu’ultrarapides associées à la convergence des technosciences que l’on désigne aujourd’hui couramment par l’acronyme NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, sciences de l’information et sciences cognitives) vont probablement faire changer la médecine et l’économie davantage dans les quarante ans qui viennent que dans les quatre mille ans qui précèdent" . Bien sûr, nous dit le docteur en sociologie et en science politique Nicolas Le Dévédec, il y a une forme de spectacle et de surenchère dans ces énoncés, mais la "révolution transhumaniste" est bel et bien en marche. 

Or, de quelle révolution parle-t-on exactement ? 

Pour l’instant, dit-il, les nanotechnologies censées bouleverser la pratique de la médecine n’ont guère produit de résultats concrets. "Nombre de promesses transhumanistes servent surtout à alimenter toute une industrie et toute une économie de la promesse, dont le principe est d’entretenir de façon permanente des formes de hype technologique pour mieux attirer les investisseurs et nourrir la machine de l’accumulation capitaliste."

De plus, on évacue toute dimension politique, toute réflexion sociale de ces transformations, comme s’il ne s’agissait que d’une question anthropologique qui ne concernerait que la nature humaine et ses performances.

[...] »

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Le mythe de l'humain augmenté

Nicolas Le Dévédec

Le mythe de l'humain augmenté

Une critique politique et écologique du transhumanisme

Collection Théorie

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