Retour

Savoir vivre ensemble

Bâtir le commun

En construisant un mur d’ignorance entre nos peuples, nous avons fait naître une peur immense. Mais plus nous avons peur, moins nous nous connaissons, et cette peur croît comme un cancer. Nous devenons alors tellement préoccupés par la maladie que nous ne nous soucions plus que de nous-mêmes, et nous oublions la source du problème. [+]

Ainsi s’adresse Deni Béchard à Natasha Kanapé Fontaine dans un échange épistolaire sur le racisme entre Autochtones et Allochtones. Quel est ce « problème » que pointe le romancier et reporter ? L’absence d’écoute vis à vis de la différence. Nous condamnons au silence tous ceux et celles qui sont différents de nous, et nous parlons à leur place en faisant semblant de les entendre.

Deni et Natasha se sont écrit pour ouvrir un dialogue et débusquer le racisme. Si nous voulons bâtir cette société où le commun redevient au centre de notre humanité, le dialogue et l’écoute devront être les socles du vivre ensemble. Pour cultiver le rapport à l’autre, s’approprier sa propre culture et celle de l’autre, l’éducation doit être le point cardinal de notre société. Mais une éducation libre de la marchandisation rampante dont elle fait l’objet aujourd’hui.

Faut-il rappeler que l’éducation, avant tout, est bien autre chose qu’une question de formation individuelle ? Que par elle, c’est la culture des peuples qui se transmet et s’universalise ? Les valeurs que véhicule notre système d’éducation sont une préfiguration de notre destin collectif, puisque c’est dans nos écoles que grandissent ceux qui le feront […] C’est parce que je crois qu’il faut laisser le monde à des citoyens libres que je prends parti pour la gratuité scolaire. [+]

Comment faire de l’école le lieu du vivre ensemble et de l’apprentissage de notre rapport au monde et aux autres ? En sortant du projet néolibéral qui a fait de l’école un lieu de formatage pour domestiquer les esprits en fonction des impératifs du marché et de la compétitivité internationale. Non seulement l’école pousse les jeunes au décrochage ou à la résignation, mais elle engendre aussi une logique de calcul coût-bénéfice dans les choix du parcours éducatif.

Il s’agit de tout faire pour ramener l’école à sa vocation première et fondamentale d’éducation, plutôt qu’à l’instruction et à la qualification. Faire de l’école régulière un véritable milieu de vie, aussi naturel que possible, un milieu où la priorité est réellement accordée à la relation éducative. Un milieu où les jeunes, parallèlement à leurs parents, apprennent à vivre et à vivre ensemble dans des rapports de respect, de partage et de collaboration. [+]

C’est sans doute Natasha Kanapé Fontaine qui décrit le mieux le projet d’une éducation au profit de la consolidation du vivre ensemble : La liberté vient avec la connaissance. La connaissance en tant que savoir : des êtres, des choses, du monde, des cultures, des mentalités, des sociétés.

Titres associés