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Savoir militer

La politique est action

Pourquoi militer ? Militer, c’est reprendre contrôle de nos destins. C’est se réapproprier un monde tenu hors de contrôle par les riches et puissants de ce monde. C’est réclamer une fin aux injustices qui nous révoltent. Militer, c’est faire connaître la voix des sans-voix. Stephen D’Arcy définit le militantisme en tant qu’action collective antagoniste d’affrontement motivée par des griefs. Le militantisme nécessite la solidarité, la solidarité d’agir pour renverser ces injustices. Pour s’opposer efficacement, la solidarité s’impose. Nos colères, comme dit Françoise David, sont le moteur de nos actions militantes. Mais elles sont aussi le fruit de notre amour pour une société que l’on voit se dégrader sous nos yeux. Sans cet amour, elle est vengeresse et revancharde, pour reprendre les paroles de cette grande militante québécoise.

La colère ne doit pas nous isoler des uns des autres, malgré toutes les forces œuvrant en ce sens. La compétition nous confronte à un monde de plus en plus hobbesien de la guerre de tous contre chacun et contre tous, mais aussi au monde orwellien de la désolation et de l’isolement. Ces injustices ont pour principale fonction d’atomiser une société, briser les liens qui nous unissent et nous permettent de nous mobiliser. Elles nous plongent dans une jungle où la solidarité devient une chimère.

Retrouvons notre humanité et aidons les autres à le faire, comme le dit Serge Mongeau ; militons pour un monde plus humain, militons pour mettre fin à cette société désincarnée nous mettant les uns contre les autres.

Militer, c’est agir. C’est proposer l’alternative, de la pensée à l’action. La crainte d’avancer sur le terrain politique, de se mouiller, au risque de commettre des erreurs, est bien réelle dans de nombreux cercles anarchistes, libertaires ou antiautoritaires. Rejeter en paroles le système politique de domination, ses structures hiérarchiques, son élitisme, sa démocratie de façade n’est pas suffisant. Il faut proposer une nouvelle architecture de la gestion commune de la société. L’histoire du Bâtiment 7, situé dans le quartier montréalais de Pointe-Saint-Charles, est plus que le refus d’un casino et de tout autre tentative d’embourgeoisement. C’est le désir d’une société nouvelle et la création d’une nouvelle façon de concevoir notre vie commune. Bâtiment 7 est l’exemple même de la réappropriation du commun et de notre capacité, par la mobilisation politique, de reprendre contrôle de notre monde en le transformant pour le bien de tous et toutes.

La prise en charge collective de certaines activités nous rend plus libres, plus autonomes et plus riches (dans tous les sens que ce mot peut avoir). [+]

Pour changer ce monde, il faudra se tenir debout, ensemble.

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