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Non au piège Énergie Est / No to the Energy East trap

Non au piège Énergie Est / No to the Energy East trap

Par Éric Pineault, auteur de Le piège Énergie Est. Sortir de l'impasse des sables bitumineux (Écosociété) et la fondation Coule pas chez nous!

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Aujourd’hui, nous disons NON à Énergie Est. C’est un refus catégorique et sans compromis que nous affichons à l’endroit du projet d’oléoduc de la compagnie TransCanada, de même qu’à toute tentative d’expansion du complexe des sables bitumineux. Nous appelons la population québécoise et ses représentants et représentantes politiques à former un front commun pour barrer la route à cette menace aux écosystèmes, à notre santé ainsi qu'au climat de la planète. Le rejet d'Énergie Est repose sur notre mobilisation collective. Avec le livre Le piège Énergie Est. Sortir de l'impasse des sables bitumineux, nous voulons fournir aux citoyens et citoyennes un outil pour que ce projet ne voit jamais le jour.

La conférence de Paris en décembre 2015 a abouti à un constat clair : le climat de la planète est « au bord d’un point de rupture ». De cette urgence découle un impératif de transition qui implique et interpelle toutes les nations, tous les êtres humains. Nous devons tourner le dos aux énergies fossiles qui appartiennent au passé. L'histoire exige de nous un avenir où d'autres formes d'énergie, d'autres logiques de production et de consommation prédomineront. Cet impératif écologique implique d'abord que nos gouvernements respectent les engagements qu’ils ont signés à New York ce 22 avril et refusent tout projet qui nous éloigne de ce défi climatique.

Un piège écologique, économique et social

L’oléoduc de TransCanada est bien plus qu’un simple tuyau où couleraient 2000 litres de pétrole à la seconde. C’est un piège écologique, économique et social qui nous enfermerait pour plusieurs décennies dans la dépendance à une croissance dopée aux hydrocarbures extrêmes. Autoriser Énergie Est, c’est s’exposer à des risques majeurs pour des retombées qui affaibliraient à terme notre économie. Au Québec, plus de 860 cours d’eau seraient traversés, dont le fleuve Saint-Laurent. En cas de déversement majeur, les conséquences envisageables sont 36 fois supérieures à celles du déraillement de Lac-Mégantic, menaçant l’eau potable de plus de 5 millions de personnes… Voulons-nous risquer une marée noire dans le fleuve?

Au-delà des risques qu’il pose en matière d’environnement et de sécurité, accepter Énergie Est c'est aussi nous soumettre au diktat d'une industrie qui n'a qu'un objectif: extraire le maximum possible de pétrole en saccageant la forêt boréale de l'Ouest canadien et acheminer ce liquide vers les côtes afin de l'exporter sur les marchés internationaux. Il n'y a pas de demande suffisante pour ce pétrole ici au Québec ou dans les provinces maritimes et ce pétrole n’est pas destiné à nos raffineries déjà bien approvisionnées. Accepter Énergie Est revient aussi à permettre une augmentation considérable et définitive de l'extraction du pétrole des sables bitumineux pour au moins un demi-siècle! En un mot, Énergie Est symbolise notre enfermement collectif dans un modèle de société qui nie les dangers que représentent les changements climatiques.

Les changements climatiques exigent une transition énergétique immédiate

La science des changements climatiques est formelle : 85% des réserves d’hydrocarbures des sables bitumineux doivent rester dans le sol d’ici 2050 afin d’éviter un dérèglement du climat. Nous ne pouvons faire fi de ce signal d’alarme en ouvrant les vannes à l’industrie pétrolière. Nous ne pouvons ignorer l’impératif de la transition énergétique. C’est là que nous devons investir nos énergies et canaliser notre inventivité. Il faut impérativement éviter une hausse de la température du globe de 2 °C. Le Canada s’est lui-même engagé à poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C pour éviter un emballement climatique et les conséquences néfastes qui en découleraient. Or, arrivé à la pompe, chaque litre de pétrole issu de ce pipeline a déjà contribué à émettre dans l’atmosphère jusqu’à quatre fois plus de CO2 et autres gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel. Au point où, bien avant de manquer de pétrole, nous risquons de nous retrouver à court de ciel pour stocker le CO2 que génère son usage ! Voilà pourquoi il faut bloquer Énergie Est.

Un refus sans compromis possible

Notre non est ferme et sans compromis ; il n’y a pas de « peut-être, on verra ». Énergie Est n’est pas un projet au bénéfice des populations qui habitent le territoire. Certes, il nous lie, de l’Alberta au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec et l’Ontario. Mais le seul véritable lien qu’il représente, c'est le risque que l’on partage de voir nos rivières, nos champs et nos forêts souillés à tout jamais par un déversement le long du tracé. Il ne constitue en aucun cas un projet de société, à part celui de ne pas être à la hauteur de nos devoirs et responsabilités collectives envers le climat et les générations futures. Il nous rend complices du programme économique de quelques grandes entreprises détenant des droits d'extraire et dont l’agenda se résume à l’expansion de leurs profits.

Notre refus ne relève pas d’une quelconque posture du « pas dans ma cour » ; ses assises sont plus larges et profondes. Il se fonde sur un devoir envers le climat qui prime sur tout droit à l'extraction. Nous n’en avons pas contre le pétrole, mais l'extraire et le consommer de façon aussi insouciante est désormais une position insoutenable pour l’avenir de la planète. Certains gisements doivent rester sous terre, et les sables bitumineux entrent dans cette catégorie.

Notre irresponsabilité doit cesser.

Le monde nous regarde.


No to the Energy East trap

Today we say No to Energy East. Our No is categorical and uncompromising. We oppose TransCanada's Energy East pipeline as well as any project that expands the Tar Sands complex. We call on the people of Québec and its political representatives to form a common front and block this menace to our ecosystems, our health and the planet's climate. The opposition to Energy East rests on our capacity of collective mobilization. It is in this spirit that we have published The Energy East Trap (Le piège Énergie Est. Sortir de l'impasse des sables bitumineux), as a tool to inform citizens. Our aim is to ensure the project is never realized.

The conclusion of the Paris climate conference is straightforward and sobering : we are on the verge of planetary climatic collapse. From this urgency stems an ecological imperative of transition addressed to all humans and to all nations. We must turn our backs on fossil fuels; they belong to our past. Our historical task is to build a future based on other sources of energy, other logics of production and consumption. This ecological imperative implies, first and foremost, that our governments respect their signature of the Paris accord in New York this 22nd of April and refuse any project that distances us from our climatic challenge.

An ecological, economic and social trap

Energy East is more than a mere pipe through which will flow 2000 litres of oil per second. It is an ecological, economic and social trap that will lock us into decades of reckless growth of extreme oil. If we authorize Energy East, we expose ourselves to major ecological risks and trade off meagre short term gains for long term constraints on our economic development. In Québec, Energy East will cross 860 rivers and streams, including the Saint Lawrence. If ever there is a major oil spill, it be the equivalent of 36 times Lac Mégantic and menace the drinking water of 5 million people. Do we really want to risk a spill in the St-Lawrence? 

Above and beyond the environmental and security risk, if we accept Energy East, we will submit ourselves to the dictates of an industry – big oil – that has only one objective : extract as much oil as possible from under the boreal forest and bring it too tidewater so that it can be shipped off to international markets. Domestic demand in Québec and elsewhere in eastern Canada is simply too small; our refineries are already well supplied; this oil is not for us and was never planned to be. To accept Energy East is to accept Tar Sands expansion for at least the next half century.  In other words, Energy East is the symbol of our collective lock-in into a social model that explicitly ignores the dangers of climate change.

Climate change requires an immediate transition

Climate science is clear : 85% of Tar Sand « reserves » must remain beneath the ground until at least 2050 to avoid climate chaos. We cannot ignore this alarm and let the oil industry pump all the dilbit it can towards tidewater. We cannot ignore the imperative of ecological transition. It is towards this objective that we must invest our energy and channel our creativity. We must avoid a temperature rise of 2 °C. The Canadian government has actually targeted a 1.5 °C limit to avoid runaway climate change. Every litre and gallon of the oil burnt from the Energy East pipeline will already have contributed up to 4 times as much greenhouse gas emissions as a gallon or litre of conventional oil.

We will thus probably run out of atmosphere to stock these CO2 emissions before we run of oil in the ground. Thats why we must block Energy East. 

An uncompromising No 

Our NO is firm and uncompromising; it is not a « maybe, we'll see ». Energy East cannot be greened, Energy East does not benefit the people. Yes it binds us together, from Alberta to New Brunswick, through Québec and Ontario. But the only real tie Energy East represents is the common risk we all face of seeing our forests, fields and rivers polluted by a dilbit spill somewhere along the pipeline. It is not a « nation building project », it only symbolizes the collective neglect of our international and environmental obligations. It makes us the accomplices of those few large corporations who hold extraction rights and whose sole objective is to expand their profits. Our No does not rest on the desire to simply “protect our back yard”; its foundation is much deeper. It rests on a sense of duty and obligation towards the climate that trumps any economic right to extract. We are not naïvely opposed to hydrocarbons per se, but to a mode of extraction and consumption that is irresponsible and incompatible with the future of the planet's climate as we know it. If the planet is to have an ecological future, then some forms of oil must stay in the ground. The Tar Sands are among them.

Our irresponsibility must cease.

The world is watching us.



SIGNATAIRES

Fondation Coule pas chez Nous ! ;
Écosociété ;
Nature Québec ;
Greenpeace ;
Équiterre ;
Fondation David Suzuki ;
Eau Secours ;
Association Québécoise contre la Pollution Atmosphérique (AQLPA) ;
Alternatives ;
Fondation Rivières ;
Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) ;
Confédération des syndicats nationaux (CSN) ;
Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec ;
Conseil central du Montréal métropolitain ;
ENvironnement JEUnesse ;
Regroupement Vigilance Hydrocarbure Québec ;
AmiEs de la Terre de Québec ;
Union Paysanne ;
Stop Oléoduc Capitale Nationale ;
STOP oléoduc Montmagny-L’Islet ;
Stop oléoduc Portneuf Saint-Augustin ;
Stop-Oléoduc Kamouraska ;
Stop-Oléoduc Bellechasse-Lévis ;
Mur de femmes contre les oléoducs et les sables bitumineux ;
Mobilisation Environnement Ahuntsic-Cartierville ;
Enjeux énergies et environnement ;
Regroupement citoyen contre les bitumineux
et pour le développement durable ;
Justice climatique Montréal ;
Alerte Pétrole Rive-Sud ;
Environnement Vert Plus ;
Comité citoyen environnemental de l’Est de Montréal ;
Villeray en transition ;
Prospérité sans pétrole ;
Oléoduc Laval en amont (OLEA) ;
Marche des peuples pour la Terre Mère ;
NON à une marée noire dans le Saint-Laurent ;
Coalition Vigilance Oléoducs (CoVO) ;
Regroupement citoyen Saint-Marc sur Richelieu ;
Collectif Moratoire Alternatives Vigilance Intervention ;
Les Citoyens au Courant ;
Action Environnement Basses-Laurentides ;
Mobilisation Environnement Ahuntsic-Cartierville ;
Action Climat Montréal ;
Saint-Antoine-de-Tilly-Milieu de vie ;
Conseil des Canadiens, chapitre Montréal ;
Syndicat des étudiants et étudiantes salarié-e-s de l’Université du Québec à Rimouski (SEES-UQAR) ;
Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale ;
Association générale des étudiant-e-s du campus de Rimouski (AGECAR) ;
Le Regroupement des étudiantes et étudiants en biologie (REEB) de l’UQAR ;
Manon Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques et porte-parole en matière environnementale pour Québec Solidaire ;
Craig Sauvé, Conseiller de la ville St-Henri-Petite-Bourgogne-Pointe-St-Charles, Projet Montréal ;
Xavier Barsalou-Duval, député fédéral de Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères (Bloc Québécois) ;
Gérard Jean, maire de Lanoraie ;
Widia Larivière, Idle No More ;
Mélissa Mollen Dupuis, Idle No More ;
Laure Waridel ;
Annie Roy (ATSA) ;
Dominic Champagne ;
Ianik Marcil ;
Christian Vanasse ;
Jean Baril, professeur de droit au Département des sciences juridiques de l’UQAM ;
Lucie Sauvé, Directrice du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté de l’UQAM ;
Robert Laplante, IREC ;
Eve Lamont, réalisatrice du film Pas de pays sans paysan ;
Olivier D. Asselin, réalisateur du film Pipelines, pouvoir et démocratie ;
Andrés Fontecilla, président et coporte-parole de Québec Solidaire ;
Camil Bouchard, militant.

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