Partager
Retour
Revue de presse

« Procès verbal »: à la défense de la parole complexe

Dominic Tardif | Le Devoir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 décembre 2019, Le Devoir, crédit photo : Marie-France Coallier

« Est-ce bien vrai qu’on ne peut plus rien dire, comme le répètent tant de chroniqueurs, d’humoristes et d’autres amants de la phrase toute faite ? Vous voulez faire rire Valérie Lefebvre-Faucher ? Posez-lui cette question.

"Je pense que c’est vrai qu’il faut s’inquiéter pour la liberté d’expression, mais ce n’est pas la même chose que de se plaindre des réactions que l’on suscite quand on parle" , lance en souriant à pleines dents celle dans la vie de qui cette question tentaculaire — la liberté d’expression — s’est invitée brutalement en 2008, quand les multinationales Barrick Gold et Banro ont intenté des poursuites totalisant 11 millions de dollars contre Écosociété, où elle était alors éditrice.

C’est par un passionnant récit des coulisses de ce qui deviendra l’affaire Noir Canada — du nom de l’ouvrage d’Alain Deneault, de William Sacher et de Delphine Abadie mis en cause dans la poursuite pour diffamation déposée par les minières susmentionnées — que s’amorce Procès verbal. Mais c’est sous tous ses angles que la militante et féministe, qui signe ici son premier livre, ausculte le sujet de la parole publique, en prenant soin de souligner que les limites que lui imposent l’argent et le pouvoir sont plus violentes que celles imposées par ce qu’on nomme, sans trop de précision, le "politiquement correct".

[...]

Si l’affaire Noir Canada opposait des adversaires aux moyens disproportionnés — un scénario digne de David et Goliath ayant suscité la sympathie pour un des deux partis —, les débats autour de l’appropriation culturelle, de la représentation des minorités ou du droit de parole des personnes accusées d’agressions sexuelles supposent, eux, un camaïeu de tonalités, une foule de bémols, dont peut difficilement témoigner un contexte médiatico-culturel où tout doit se dire rapidement, et où l’on doit choisir son camp.

"C’était ma grande peur avant de faire paraître ce livre : j’avais très peur de devoir en parler en deux lignes ou en deux minutes, confie Valérie Lefebvre-Faucher. Ce que je souhaite, c’est défendre la parole complexe, plurivoque, responsable, lente. Je souhaite dire qu’il est possible d’être solidaire de certaines personnes, même si on ne partage pas 100 % de leurs idées, qu’on devrait s’autoriser plus souvent à être solidaire, même si on n’a pas exactement les mêmes mots, les mêmes positions. Je voulais aussi dire qu’on a le droit de ne pas s’exprimer, que le silence fait également partie de la parole."

À l’évidence, Procès verbal tient de l’invitation à la résistance... »

Pour lire l'article en entier, cliquez ici. 


Procès verbal

Valérie Lefebvre-Faucher

Procès verbal

Collection Hors série

Fiche du livre

Livres reliés

Paradis sous terre

Alain Deneault, William Sacher

Paradis sous terre

Comment le Canada est devenu la plaque tournante de l'industrie minière mondiale

Collection Régulière

Fiche du livre

Sur le même thème