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Alain Deneault reçoit le Prix Pierre-Vadeboncoeur

Alain Deneault reçoit le Prix Pierre-Vadeboncoeur

Le prix Pierre-Vadeboncœur de la CSN décerné à Alain Deneault, auteur de Paradis fiscaux, la filière canadienne, paru chez Écosociété.


Les Éditions Écosociété sont fières d'annoncer que le prix Pierre-Vadeboncoeur a été décerné à l'auteur et intellectuel Alain Deneault pour son essai Paradis fiscaux: la filière canadienne. Barbade, Caïmans, Bahamas, Nouvelle-Écosse, Ontario…
Ce prix, doté d'une bourse de 5000 $, est remis pour une quatrième année par la CSN, lors du Salon du livre de Montréal, à l'essai considéré par le jury comme le plus intéressant et le plus pertinent parmi ceux soumis par une dizaine de maisons d'édition.

Voici ce qu'écrivait hier Alain Deneault, depuis Bamako, à l'intention des membres du jury :

« D'où je vous écris aujourd'hui, le désastre social provoqué par les paradis fiscaux nous crèvent les yeux. Ce pourrait être le Bengladesh ou Haïti, les favellas du Brésil ou les villes dévastées du Congo. C'est plutôt depuis Bamako qu'il m'est donné d'apprendre que le prix Pierre-Vadeboncoeur se trouve associé cette année à un livre qui porte sur le rôle historique du Canada dans la création des États libertariens que sont les paradis fiscaux et judiciaires, les ports francs et les zones franches. C'est une très bonne nouvelle, que soit ainsi marquée la prise de conscience que l'on souhaite large d'un phénomène aussi préoccupant. Ces legislations permettent aux institutions financières, aux grandes industries ainsi qu'aux gestionnaires de grandes filières criminelles de contourner des formes de contrainte relatives à la vie en société, ni plus ni moins. Elles tendent à rendre vains nos débats, même les plus fondamentaux, sur la démocratie libérale et son revers anarchiste par exemple, dans la mesure où elles nous privent des conditions mêmes d'élaboration ou de maintien d'un cadre politique commun. Les pays éprouvés par les malversations financières et le pillage des richesses gérées depuis les paradis fiscaux souffrent eux-mêmes d'anomie. Les services sociaux y passent pour des fantasmes et les droits pour des hallucinations. C'est la situation vers laquelle nous amènent également les dirigeants contemporains des États dits démocratiques, eux qui s'inspirent de leurs créatures en rendant offshore des pans entiers de nos législations. Nous nous orientons progressivement vers un monde où il deviendra difficile de distinguer les États dits de droit des paradis fiscaux les plus typiques.

Je tiens à mentionner aux membres du jury du Prix Pierre-Vadeboncoeur, Claudette Charbonneau, Catherine La douceur et Michel Rioux, à quel point il me touche de voir un de mes travaux associé à ceux de l'essayiste qui parraine cet hommage. Pierre Vadeboncoeur n'appréciait pas de manière lénifiante les principes de justice ou d'égalité, mais sous des formes institutées se présentant clairement.»

La présidente du jury, madame Claudette Carbonneau, a souligné que « l'essai de M. Deneault est le résultat d'une formidable recherche au terme de laquelle les coquins, comme aurait dit Voltaire, sont démasqués. Fruit d'un travail conduit avec la patience d'un moine, l'essai réussit à démonter les mécanismes qui permettent aux biens nantis de se soustraire à leurs responsabilités à l'égard de la société. Pierre Vadeboncoeur, dont la vie a été tout entière consacrée à poursuivre des idéaux de justice et qui a fustigé les profiteurs de verte façon, serait fier aujourd'hui de voir son nom accolé à celui d'Alain Deneault ».

M. Deneault a tenu à souligner le fruit d'un travail collectif et ainsi remercier l'équipe du Réseau pour la justice fiscale qui l'ont appuyé dans la recherche et dans l'écriture, ainsi que l'équipe des Éditions Écosociété.